Ahhh….Vive le printemps !

L’arrivée des beaux jours et des températures plus clémentes me fait systématiquement penser au retour des mouches et autres moustiques, envahisseurs de nos bords d’attaque aile/profondeur et hélice…oui, un long combat pour que nos pilotes et élève-pilotes accomplissent cette petite tâche rituelle post-atterrissage afin de préserver les surfaces de nos vieux (et jeunes) coucous !

Mais si il y a bien un retour que nous apprécions aussi, en club, c’est le retour des lâchers  solo ! Preuve du dynamisme d’un club, c’est aussi la première étape essentielle à la formation. Pas de lâcher…pas de futur brevet…ça paraît évident mais ce passage dans la grande famille du pilote seul à bord est incontournable. Depuis janvier, nous en étions déjà, à l’ACA,  à deux lâcher ( et un PPL au passage , n’est ce pas Sylvie Anne? ) et la semaine du printemps a vu arriver deux nouveaux lâchers ! Luxe !

Sidonie et Axel

C’est Axel Zawadzki-Rodrigues qui ouvra le bal, vendredi 25/3,  lâché en plein air par Sidonie Ohlmann ! 21 ans et no stress pour Axel « J’étais très  concentré ce qui m’a permis de faire abstraction du fait d’être tout seul à  bord et super content au touché des roues…et fier d’avoir réussi mon arrondi ! » . Son rêve serait de faire un grand tour de France en avion, voire un peu plus loin aussi…

Puis Serge enchaîna dimanche 27, dés l’aurore, avec Maxime Michel !

Lâcher « standard » pour Maxime : « Après avoir fait 3 tours de piste avec Serge  en 20 principale et 20 herbe, en se dirigeant vers le club, il me dit, tu me déposes et tu repars pour un tour de piste seul !… L’appréhension  commence  un peu à monter, je fais les tests radio avec Serge et je contacte l’afis en m’annonçant fièrement ‘Fox Écho Tango solo…’ . Le roulage se passe sans souci. Je m’aligne et décolle piste 20 principale…la concentration prend le pas sur l’appréhension et je continue ma montée jusque 2700’. Vent arrière puis base et me voilà en finale 20 alors qu’un Cessna Caravan largueur de paras maintient au point d’attente. En courte finale, Serge me signale « un peu rapide », en effet 130 au lieu de 120, je réduis les gaz, arrondis puis le train principal touche  gentiment … je freine et dégage à Charlie. Alors que je roule vers le club, le sentiment de fierté commence à apparaître…  j’ouvre la verrière et Serge vient me taper la main en me disant Bravo ! »

Nous retrouvons dans les témoignages de ces deux sympathiques et discrets gaillards tout ce qui fait le charme de ces moments inoubliables… une formation assidue, un moment vécu comme une étape mais avec un sentiment de fierté très légitime. Soyons clairs, ce lâcher est un immense moment, tellement fantasmé, rêvé, puis approché et enfin réalisé ! Ce sont des heures de travail pour quelques minutes intenses.

Ils ont échappé au water salute traditionnel de l’Aca,  (cf autres textes ) mais ils n’échapperont à nous réunir autour d’un verre de l’amitié…

Axel et Maxime ont un point commun, celui d’être élèves à l’institut de formation POLYAERO, sise sur la commune de Tallard, juste de l’autre côté de la piste 20/02 ! En troisième année de formation ‘maintenance des aéronefs’ licence pro « Métier de l’Industrie Aéronautique » , ils ont coupé à travers le champ…d’aviation de Tallard pour venir se former à l’aéroclub alpin  ! Merci de votre confiance et pleine réussite dans vos études d’abord et prochaine étape, la première nav solo… encore un grand moment à venir !

Un dernier mot, oui, votre rédacteur est toujours trop bavard…Maxime a croisé dimanche Robert Huet, dont vous avez lu les aventures au fil des années.

 

Robert, lâché en 1958, premier vol à l’Aca en 63… Maxime, lâché en 2022…ce club quasi centenaire, c’est une histoire de passion et de transmission…

Allez, vive le printemps !

Et à la Chasse…bordel !

Ça y est…Vous vous êtes dit en lisant ce titre, « admin » a fondu un plomb…autrement dit, le rédacteur naturellement bienveillant et aimable de la plupart de ces pages a perdu la raison, ou, est devenu partisan des reportages de milieu de nuit télévisés. Non, pas du tout ! C’est juste un cri du cœur pour une balade dominicale récente au Musée Européen de l’Aviation de Chasse , installé sur l’aérodrome de Montélimar. Capitale internationale du nougat, mais aussi lieu d’un extraordinaire musée consacré depuis 35 ans à la rénovation et l’exposition de « pointus » et autres « fers à souder » ayant servis en France ou ailleurs. Lorsque Serge me convoque d’office ( « tu paies une branche et je paie le resto ! ) il y a quelques jours pour l’accompagner avec Denis Turina, je saute sur l’occasion de visiter, enfin ! , ce musée ! Denis est le guide rêvé car ancien de l’Armée de l’Air, pilote sur F100 et Mirage III entre autres, accessoirement trois fois éjecté… et écrivain de ses aventures. https://www.ledauphine.com/hautes-alpes/2018/04/21/denis-turina-ex-pilote-de-chasse-raconte-ses-trois-ejections-de-jets-dans-un-livre

Nav, notam, fuel, la météo est nickel, Denis nous balade entre Buech et Drome, quelques cumulus juste histoire de dire, à peine un peu de vent en vallée du Rhône, et d’un coup de F-GEIU,

Denis en dernier virage à LFL

 

 

Serge, en bon FI attentionné, regardant l’atterrissage de son frère Nicolas..

nous voilà retrouvant deux DA40 de l’aéroclub de l’Hérault et son président !

La pause déjeuner à l’Air Escale, bonne adresse contiguë au musée, pour faire connaissance et en route pour les 25000m2 d’expo, 66 avions de chasse et d’entrainement nous attendent.

Un T33 nous accueille, puis un Stampe, et déjà des centaines de maquettes…nous sommes dans l’ambiance !

Denis commente, les questions affluent au fil des découvertes, il faudrait deux jours pour tout explorer mais le choc est là, jeunes et moins jeunes, nous ouvrons nos yeux et oreilles , transportés aux commandes d’un magnifique Dak, F104 Starfighter ( Ahhhh le zinc de Chuck Yeager dans l’Etoffe des héros…tout métal) ou une ribambelle de « III », quelques « 2000 », un somptueux « IV » et tant d’autres…Assez parlé, quelques photos pour vous convaincre d’aller visiter cet endroit magique !

Un III S, Suisse, avec ses plans « canard » pour commencer
Les marins ne sont pas oublié, Vought F8 Crusader
Au cœur d’une tuyère
Un monstre au service de la dissuasion française.
Denis dans la fosse sous le IV
Les deux Snecma Atar du Mirage IV
Une fratrie sous une légende
Bréguet BR 1050 Alizé
Dassault Mirage 2000
Le groupe sous le soleil, au pied d’un Mirage III C, de la 10iéme Escadre, qui était basée à Creil.
Dassault Mirage F1

Dassault Dornier Alphajet
Embraer Emb312 Tucano
Admin au côté d’un Socata TB30 Epsilon, piloté dans une autre vie…
Sud-Aviation SE210 Caravelle
Cockpit de Caravalle, paradis des pendules potars et interrupteurs…
Père et fils en vol dans la Caravelle
Douglas C47 Skytrain, version militaire du DC3 Dakota
Dérive de Mystère IV, Dassault. Le dogue, insigne d’une escadrille du 3/12 Cornouailles.
Mirage III RS, pour reco suisse, avec le bâti des caméras ouvert sous le nez.
Dassault MD-450 Ouragan mod. PAF
Lockheed F104 Starfighter
Le petit dernier bichonné, un Mirage IIIE, 1200h pour Denis…

 

 

Et des milliers de pièces diverses, sièges éjectables, radios, réacteurs, réservoirs supplémentaires, armements…des maquettes par centaines…une boutique pour ramener un souvenir…

Pour terminer, revenons au titre, les fanas auront bien sûr reconnu la célèbre exclamation  finale de la non moins célèbre tirade de l’aviation de chasse, le Peel off, interprétée très différemment d’un escadron à un autre, d’un moment à un autre, sur toutes les bases françaises et opex compris…rite convivial, éternel… Oui, je sais, la chasse, ce n’est pas forcément la reco, ou d’autres spécialités tactiques ou stratégiques, donc pardon pour cette simplification…. quoique qu’il en soit, « Vos gueules là-dedans…! Le verre dans la main gauche, la main droite sur le cœur… »

Bravo aux passionnés de ce musée , merci Denis et Serge, et à très vite à Montélimar !

Les hiboux hululent souvent la nuit…

Il y a quelques années, Serge, notre bien aimé chef-pilote médaillé de l’Aéronautique ( je vous rappelle que, par contrat,  je dois encenser Serge régulièrement sinon il menace de démissionner…😂🙏😉) , a créé l’Ecole des Hiboux 🦉sise au 520 avenue Georges Latécoère à Tallard… donc dans les locaux de l’AC Alpin. Le croiser vers 17h à cette période de l’année au club signifie donc qu’il se prépare à former un des ses émules. Briefing pointu façon risques et menaces, puis décollage juste avant la nuit aéro et c’est parti pour un saut dans une autre dimension de l’Aviation, celle des masses d’air calmes, des lumières au sol comme autant de phares maritimes, des pistes style sapin de Noël, des dialogues radio-com sereins dans un éther débarrassé des encombrants et bavards  pilotes diurnes …ouf…

J’ai parlé de sérénité…?

 

Serge dit souvent que le vol de nuit le « lave » des soucis rencontrés dans la journée… La météo franchement indécente ces dernières semaines lui a permis d’enchainer quelques jolis vols et de former le premier qualifié « vol de nuit » en 2022 !

Julien Briquez,  récent breveté PPL de 2020, et détenteur d’un peu moins de 100 hdv, a réussi sa qualif vendredi 4 mars sur une navigation nocturne Gap-Avignon-Valence-Grenoble-Avignon.

C’est beau une ville la nuit…sous un croissant de lune façon Smiley 😊

Et retour à Gap au petit jour. Et Julien de reconnaître  l’immense privilège de réaliser ce type de vol…

Bravo Julien ! Ainsi qu’à Serge ! N’oublie pas ton gps, puis un deuxième gps ( ! ), chargeurs et lampes en double et un stock de carottes, riche en bêta-carotène et vitamine A ! Et  bons vols toujours prudents.

Vol Hibou India Uniform, en approche de vos installations…

On vous parle souvent de l’Ecole des Hiboux dans ces pages, forcément, car créée au sein du club ! Un qualifié par-ci, un instructeur par-là…quelques tours en double histoire de se refaire la main après un été consacré aux apéros , l’hiver est plus propice car la nuit aéro plus longue aussi.

Et puis un jour, on voit le président de notre club, Alain Bondon, vous attendre au retour de votre vol en fin d’après midi, l’oeil vif, la question sans détour, « t’as refuelé ? » , on se dit qu’on a bien fait de s’arrêter à la pompe… et on commence à se douter que le boss part se promener de nuit.

 

 

 

 

 

 

 

Bref, laissons Alain nous narrer ses aventures nocturnes :

« Pour faire plaisir à ma compagne, je souhaitais lui offrir ce que je considère, à mes yeux, comme le vol le plus émotionnel que l’on puisse effectuer, tant au niveau du pilotage que de la vision du monde extérieur, un Vol de Nuit.

Ce 6 Mars 2022, j’avais donc programmé un vol vers Valence et Avignon, à défaut de pouvoir voyager vers le sud compte tenu de la météo. Il s’agissait de ma première vrai navigation « solo », après de multiples vols accompagné de notre Chef Pilote. Mesurant la tâche qui m’attendais, j’avais pris le soin de multiplier les mesures de sécurité (emport de 3 GPS, VHF portable bien que notre avion dispose déjà de 2 radios…..) ce qui ne fût pas inutile.

Vérification de l’avion sous toutes les coutures, à tel point que j’en oubliais de couper la batterie après les essais. Le flash de l’anti-collision permit de réparer cet oubli rapidement.
Départ à la limite de l’heure nocturne (ce qui sous-entend qu’en cas de problème on ne doit pas se reposer à Tallard).
Après la première check après décollage, je m’aperçois que la navigation affichée sur ma tablette ne bouge pas. Ça commence mal mais je me dis qu’en prenant de l’altitude, ça va finir par arriver. Que nenni ! Je m’escrime à manipuler GPS et tablette, rien n’y fait, l’avion de « Mach 7 » reste scotché à Tallard. Pas grave, j’essaie de garder le cap sur MTL tout en continuant à progresser en altitude pour éviter les reliefs, il fait de plus en plus noir (c’est une nuit pratiquement sans lune) et je m’aperçois, qu’un vent du nord me dévie de ma route initiale (merci les feux au sommet du Ventoux).

Je laisse donc tomber la tablette et me préoccupe d’allumer l’un de mes GPS de secours, un « GO TO « vers VALENCE me paraissant être la solution à mes problèmes lorsque j’aurais atteint la Vallée du Rhône. Pendant ce temps je pris également contact avec le contrôle de Provence.
Ma compagne, qui avait conscience des difficultés que je subissais, affichait un calme imperturbable et m’aidait, autant qu’elle pouvait (manipulations, éclairage…).
Arrivé du côté de Montélimar, je regarde machinalement ma tablette et, oh miracle, la navigation affichée fonctionnait. Je poursuivais donc avec cet instrument.
Décidé à faire un « touché » à Valence, j’en informais le contrôleur de Lyon qui autorisa la manoeuvre bien que je n’avais prévu qu’un seul plan de vol. A ma demande, le PCL illumina la piste et le miracle s’accomplit une nouvelle fois : celui qui n’a jamais atterri de nuit ne peut pas comprendre l’émotion que l’on ressent à cette occasion…
Le trajet vers Avignon ne présenta aucune difficulté. Nous avons pu admirer le long serpent lumineux des voitures sur l’autoroute. Le contrôleur d’Avignon, visiblement désœuvré, mais n’ayant pas l’intention de poursuivre notre relation trop longtemps, m’a demandé de faire une arrivée directe sur la vent arrière de la 35 (la vision de la piste à cet instant est quasi nulle).           Connaissant déjà les lieux, je n’ai eu aucune difficulté dans l’approche).
Nouvelle belle émotion en finale avec, quand même, un vent de 13 noeuds.

Seul au parking, je dus néanmoins tournoyer pour trouver un emplacement qui convienne au contrôle. Même de jour, le lendemain, je n’ai toujours pas compris le marquage au sol.

Avignon by night

Cette petite histoire, je vous la confie pour que vous sachiez que le Vol de Nuit c’est, à chaque fois, une expérience inoubliable. Mais c’est aussi beaucoup de travail, absorbé par la passion, que l’on ne perçoit pas forcément lorsqu’on voyage avec un instructeur comme Serge Boichot. Avec Serge, tout nous paraît simple, tout est beau, on en profite un maximum. Alors, n ‘hésitez pas pour vous faire plaisir, partez avez Serge, partez ensuite avec un autre pilote qualifié nuit et si vous vous sentez bien aguerri, lancez-vous seul.

A chaque fois, si vous êtes bien imprégné des exigences du Vol de Nuit, vous vivrez des instants mémorables. »

Tout est dit ! Félicitations, Alain pour ce premier solo de nuit !

Et n’hésitez pas à venir découvrir l’Ecole des Hiboux !

Premiers lâchers solo en 2022

Après le PPL de Sylvie-Anne en janvier, fort en émotions, l’Aéroclub Alpin garde une bonne dynamique, deux lâchers solo viennent d’intervenir coup sur coup !

Benjamin Latmiral et Livio Pouliquen, tous deux jeunes instructeurs supervisés par Serge, ont lâché Bertrand Demont sur ET le 12 février !             Bertrand a démarré sa formation avec Serge, puis avec Livio et Benjamin. Ces derniers ont eu le plaisir ( et un peu d’appréhension…) de le lâcher dans la nature ! Un premier lâcher solo  ! :  écoutons Benjamin: « le fait de voir la restitution de l’éléve, et tout le travail réalisé avec lui, se concrétiser avec ce lâcher en solo , vrai rite de passage dans l’aviation et malgré tout un peu stressant  car les élèves ont peu d’heures de vol ! »

Oui ! Le petit point jaune et blanc, c’est Bertrand !

Félicitations Bertrand !

Serge a enchaîné en lâchant  en solo un deuxième élève en 2022 ! Jacques Avenel a rejoint le club en fin d’année dernière et n’a pas mis longtemps à trouver la clé du vol en solitaire  ! Premier vol en solo le samedi 19, surZP.

Félicitations Jacques ! Et bravo aux instructeurs, Serge, Benjamin et Livio !

C’est un très bon démarrage mais l’aventure est longue donc volez prudemment, bonne suite de formation et n’oubliez pas la tradition du pot du lâcher…!

Ma première nav solo…récits des membres du club ! #3

Dans la série « première nav solo » , Jean-François,  l’instigateur involontaire de cette rubrique , nous raconte son vol ! Après St Flour, découvrons Valence, par une météo guère plus engageante…

« En ce jour de grâce du 13 Janvier 2022, un élève d’une excellentissime pilote instructeur(e) de l’ACA ( Sidonie, ndlr) est autorisé au départ de sa première nav solo…

LFLU, me voilà…

Enfin, après un briefing d’une heure et demi et un bon coup de stress quand à ma consommation en l’air, je pars serein avec le plein… (Oui, une heure et demi de briefing…! C’est parce que je le vaux bien…)

Ma première partie est plutôt agréable. Ma béatitude est encore plus grande à l’approche du sud du Massif du Vercors qui me prévient que les choses vont se gâter. Effectivement, Die est légèrement embrumé. A la radio, un pilote qui vient de décoller du Versoud (Grenoble pour les nouveaux) annonce qu’il va faire demi-tour. Le SIV de Lyon lui avait annoncé un « Overcast » sur sa destination.

Je vois dans ma ligne de mire un joli manteau blanc… Mais il n’était pas posé sur la montagne ! Il avait été oublié par le vent dans la vallée du Rhône. Donc, décision à prendre…

Je demande la situation à Lyon. Pour eux, c’est praticable. Mais ils n’ont pas de jumelles qui portent aussi loin… Je passe donc avec Valence-Chabeuil qui me donne un plafond à 2000ft. Ça tombe bien, le tour de piste est à 1500 (lol).

J’ai la barre rocheuse dessous, et Chabeuil se dévoile. Un trou. Il est assez large pour y faire une descente en sécurité… Je me dis que si j’ai loupé le point tournant, je n’ai qu’à stopper la descente et remonter dans le même temps. Donc j’annonce que je prends le trou à la radio avec Lyon et repasse avec LFLU dans la foulée pour leur annoncer mon arrivée. La couche est passée mais la piste n’est pas encore visible. Sachant que j’avais Chabeuil au sud de ma position, l’aérodrome n’était pas loin. J’ai la fâcheuse habitude de m’attendre à être sur l’objectif plus rapidement que je ne le suis réellement. Défaut du pilote sur simulateur je pense. On met pause, on accélère le temps et on reprend… Là, c’est la vraie vie. Celle que l’on apprécie et qui nous rappelle que le temps est très subjectif. Surtout lorsqu’on est entrain de s’envoyer en l’air…

La vent-arrière et le posé-pas-cassé ! Même le PAPI m’a dit que c’était bon ! Alors j’ai suivi ses dires…

Là, maintenant, petit passage au comptoir et aux toilettes ; il faut bien comprendre que même si on passe dans un trou plus gros que celui d’une souris (adepte du rugby vous me comprendrez), on transpire quand même.

Voilà ma première étape finalisée ! Ha bah oui, il faut rentrer. D’ailleurs, si du dessus, on ne voit pas le sol, de dessous, le ciel est quand même bleu !

Alignement et décollage sur invitation personnelle de la tour (ça claque quand même…).

Reprise de la nav en direction d’Aubenasson. Plus on monte, moins on voit le sol… Pas Glop, Pas Glop !

Mais les temps de reports bien pris, le directionnel et le compas bien synchronisés. Et Aubenasson se devine. Oui, parce qu’il y a toujours ce voile translucide entre mon avion et le sol.

Reste plus qu’à reprendre ma route en direction de LFNA. Tranquillement, en appréciant le bleu du ciel et la vue des massifs qui reprennent leurs vraies couleurs.

Re-vent-arrière, et de nouveau un posé-pas-cassé… J’aime bien cette finale. Courte mais suffisante !

Bon, après, c’est un débriefing. Tout aussi long que celui de départ ! C’est que je dois bien aimer parler ! Ou alors que j’ai beaucoup apprécié me retrouver seul pour la première fois dans un environnement que mon instructeur(e) m’a autorisé à aller côtoyer ! Bref je parle je parle…

Mais, on est bien mieux en l’air ! »

 

Ma première nav solo…récits des membres du club ! #2

Apres Denis, qui a fait l’ouverture de cette rubrique, votre « admin » se lance à son tour avant que la mémoire ne  s’échappe.

Arrivant au club, Michel me dit ce jour-là, « Tu as préparé St Flour? Ben oui, pourquoi? c’est pas bon? Si, si, t’inquiètes pas, mais tu vas y aller finalement en solo, j’ai de la paille à faire à l’atelier, et en plus, moi je connais, St Flour! »  Ahhh le traitre !

D’une petite nav sympathique  tranquille avec son instructeur préféré à un jet de pierre de Rodez, me voilà parti pour ma première nav à destination d’un terrain que je ne connais pas. Tout seul. Du coup, la préparation de la météo prend une importance capitale, d’autant qu’ils annoncent une petite dégradation en approche, les pressions  chutent et j’ai envie de 1 ne pas me perdre, 2 trouver le terrain sans frayeur, 3 faire tamponner mon carnet et rentrer à balle avant la flotte. J’essaie bien de négocier mais l’ancien adjudant artilleur reconverti en instructeur avion ne lâche rien. Non, la météo est très acceptable, pas de souci, tu seras rentré bien avant la pluie ! Bon, ne jamais faire confiance à un artilleur qui s’improvise météorologue…

Du coup, je ne traîne pas, météo, notam, cartes, papiers, carnet de route, pétrole, prévol, un œil sur le ciel qui effectivement se charge peu à peu, je ne fais pas le fier quand  j’arrache le DR400 F-GLVB de la piste de LFCR Rodez Marcillac en direction de LFHQ St Flour Coltines.

2002…

La nav n’est pas bien compliquée, c’est bien connu, en avion , c’est toujours tout droit…! Et en plus, un VOR crache ses radiaux juste à 1 km du terrain…chance ! Je vole sous les nuages, les sommets du Cantal sont bien accrochés mais ça passe. Le petit col repéré m’amène tout droit sur St Flour ville, impossible à manquer avec sa partie haute accrochée à cette falaise, et le terrain, il est où? le VOR confirme…enfin confirme … si on veut, car une fois qu’on a suivi le radial idoine, que l’aiguille bascule…et ben, la grande plaine supposée accueillir ce fichu terrain est toujours aussi vide de piste d’aérodrome … Obnubilé par le VOR, j’ai du oublier de regarder dehors…sans commentaire, à l’époque  où GPS et autres EFIS envahissent les cockpits…

Et VB, vaillant 120cv qui, du coup, avance beaucoup trop vite pour mon cerveau ralenti par  le doute… Bref, un peu de transpiration, un zig et un zag, un message flou à la tour pour annoncer mon arrivée sans visuel de la piste…heureusement je suis seul dans le circuit et d’un coup, ma rétine rétive enregistre un mince trait noir dans une immensité jaunâtre, nous sommes mi novembre, ok, ce n’est pas la Mongolie non plus, mais pour moi, c’est pareil !

Verticale, vent arrière base et finale s’enchainent et habitué aux 45 m de large de Rodez, j’ai l’impression d’arriver avec un avion beaucoup trop gros ! Bref, posé pas cassé, roulage à la tour et tel Artaban, je vais payer la taxe.

L’agent Afis n’est pas très bavard mais me dit quand même de ne pas traîner si je dois rentrer à Rodez, et j’en oublie le tampon sur mon carnet de vol ! Ce n’est pas le jour pour une truffade…

A peine le temps de réaliser que je suis déjà en vol retour et horreur, mon col de l’aller a disparu ! D’ailleurs tout est en train de disparaître sous les lambeaux de stratus et cette grande cuvette veut me garder ici. J’aperçois malgré tout un autre petit col direction sud encore dégagé de nuages, avec du ciel presque bleu derrière, et tel un chasseur déclenchant son combat, je bascule VB sur l’aile et me glisse en radada. Le plafond reste au dessus de moi, ça vaut mieux, et après le col, le sol s’abaisse, je suis sauvé…!😂 Rodez m’accueille sous les premières gouttes, mais je suis à la maison ! Je retrouve mon adjudant artilleur mort de rire « alors, c’était bien St Flour??? », j’hésite entre l’étrangler ou lui payer l’apéro…et comme tout bon Vosgien et ex-artilleur, je suis sûr  qu’il préfère l’apéro et puis, il est trop costaud pour mes forces aspirées par cette première nav solo.

Michel D et François G.

Quelques mois plus tard, je retourne à St Flour avec un copain, qui lui non plus ne trouve pas ce terrain, ce qui me rassure…Nous assistons à une manche de racers F1, bêtes de courses, et j’oublie encore de faire tamponner mon carnet de vol…

Si vous faites un tour à Rodez, allez faire un coucou de ma part à Michel, instructeur et fondateur  de l’Av’AIRon, sympathique aeroclub basé à LFCR, propriétaire d’un magnifique 172R. Et n’oubliez pas d’ouvrir les yeux si vous ne passez pas très loin de St Flour.

FG.

Ma première nav solo…récits des membres du club #1

Denis Turina me dit l’autre jour, « je viens de voir Jean-Francois, l’élève de Sidonie, partir pour sa première nav, ça te dirait de faire une série ? » Banco !

Vous trouverez donc quelques récits qui narrent cette première grande aventure au cours de la formation du brevet de pilote, celle où votre instructeur, après vous avoir lâché en tour de piste, vous dit, «  bon, ma cocotte/ mon coco, la semaine prochaine, tu me prépares cette destination, et tu iras sans moi…! »

Emotion garantie, même si l’instructeur reprend souvent un terrain déjà fréquenté en double…

Premier de cordée oblige, Denis :

Denis Turina prêt à s’installer en place gauche


Le TT, couramment appelé second degré, c’était le PPL de grand-papa. Il était mûr après une quarantaine d’heures de vol et se composait d’un examen théorique au sol et d’une épreuve en vol.
Après avoir réussi l’examen théorique, passé individuellement au domicile d’un commissaire de l’Aéro-club de France, il me fallait réussir l’épreuve en vol. Celle-ci consistait en un parcours effectué seul à bord qui, si ma mémoire est bonne, devait comporter au moins trois escales et une branche longue de plus de 100 km.
Après une solide préparation au sol, le 24 mars 1961 j’ai donc décollé de Grenoble Eybens à bord du Jodel D 112   F-BGKM.
Comme tous les Jojo de l’aéro-club du Dauphiné, cet avion n’avait pas de batterie, donc ni radio ni démarreur, et ses freins avaient été neutralisés pour préserver l’hélice. Quand le vent au sol dépassait une dizaine nœuds, le roulage pour rejoindre l’entrée de piste demandait déjà des réflexes et une bonne coordination pied, manche et manette (plein réduit en bas, plein pots en haut)…
Peu d’instruments aussi : badin, alti, vario, tachymètre et température d’huile.

Le niveau de carburant était donné par la hauteur de la tige métallique qui sortait du bouchon du réservoir. Placée devant le nez du pilote, sa partie inférieure était fixée à un flotteur qui baignait dans l’essence.

Bref, un avion à faire pâlir d’envie aujourd’hui n’importe quel contrôleur de l’OSAC.


Le trajet prévu était Eybens, Saint Étienne de Saint Geoirs, Lyon Bron (seul aérodrome à Lyon), Montélimar (branche de plus de 100 km obligatoire), Valence et retour à Eybens. Peu de zones réglementées. Saint Étienne de Saint Geoirs était un terrain en herbe qui ne s’appelait pas encore « Isère », comme Satolas qui ne s’appelait pas « Saint-Exupéry ».
La navigation se faisait avec la carte sur le genou gauche, le compas qui baignait dans du pétrole, la montre et le badin. Sans radio, il fallait vraiment regarder dehors pour naviguer et pour assurer l’anti-collision, tout particulièrement à proximité des aérodromes et dans les circuits de piste.
En arrivant à Bron au milieu des Discount et autres Caravelles, je me souviens avoir serré les fesses et les dents en regardant dehors.
En sortant du local, en préfabriqué je crois, où j’avais fait tamponner mon carnet de vol, le H 34 à coté duquel je m’étais parqué a mis son moteur en route. J’ai donc admiré la bête, mais quand son rotor a commencé à tourner j’ai eu peur pour mon Jojo. N’écoutant que mon courage, je me suis couché sur son fuselage au niveau de l’empennage. Vent soufflant du bon coté, distance suffisante, je ne pense pas que cela a été utile. Et j’ai regardé avec envie la bête s’envoler, puis cherché un volontaire pour lancer l’hélice.
RAS pour la suite de l’aventure, et quelle fierté de rentrer au bercail pour exhiber tous les tampons des escales à Henri B, mon moniteur!

Denis, tenant la planche, École des Pupilles de l’Air.

PPL : Sylvie-Anne ouvre le compteur en 2022 !

Sylvie-Anne entourée, de g. à d. , par Frédéric Louette et Patrick Le Moal

Sylvie-Anne est un personne charmante : toujours le sourire pour cette dynamique  quadra ! Et pourtant, Sylvie-Anne a du batailler pour conquérir cette magnifique récompense que représente  la réussite au test du PPL.

Tout d’abord, un événement vient bouleverser le début de sa formation, un très heureux événement avec la naissance d’un enfant, et pas facile de concilier l’apprentissage d’une discipline aussi technique avec la maternité donc premier stop ! Mais Sylvie-Anne est passionnée et revient aux affaires. Serge passe la main à Patrick Le Moal, jeune instructeur à l’ACA mais riche d’une longue expérience à l’aéroclub des 4 Vallées de St Crépin. A peine quelques leçons, pour reprendre là où on s’est arrêté ( ce qui est bien avec le pilotage d’un avion, c’est comme le vélo, ça ne s’oublie pas ! ), et la pandémie s’invite dans nos vies…

A Super Devoluy, avec le Rallye HR 180cv.

Sylvie-Anne, comme tous les élèves pilotes en cours de progression, fait le dos rond, peste de temps en temps, mais jamais ne lâche ! Lâcher solo justement , test théorique, puis première nav solo, le chemin suit son cours et s’accélère avec les déconfinements successifs. C’est compliqué de concilier le job de maman,  de monitrice professionnelle de parachutisme au CERPS et conserver l’énergie pour réussir un test réputé difficile !

C’est l’examinateur Frédéric Louette qui attribue le PPL  à Sylvie-Anne vendredi 21 janvier, une St  Crépin Connexion donc, Fred ayant aussi longtemps exercé aussi dans les hautes vallées. Bravo Patrick pour ton premier brevet tallardien !

Pour prendre la mesure de son bonheur, laissons la parole à  Sylvie-Anne  :  « Je ne dors plus depuis 2 semaines, je ne respire plus depuis 2 jours, et je vais pleurer pendant 2 jours ! C’est la concrétisation d’un vieux rêve pour lequel  j’ai du m’accrocher pendant 2 ans, trouver des solutions. J’ai adoré passer ce brevet pour l’aventure humaine qu’il représente. j’ai rencontré des personnes bienveillantes et passionnées, bref, je suis heureuse ! »

L’Aeroclub Alpin est très fier de toi et te félicite, Sylvie-Anne, pour ta persévérance et cette magnifique réussite et te souhaite plein de jolis vols prudents, et pour info…je crois même qu’un siège réhausseur est dispo au club!

Sylvie-Anne et Patrick, dans les locaux de l’aca.

Sylvie-Anne réussit  donc le premier brevet de l’année 2022, après une année 2021 record ( 7 brevets avion), le premier d’une belle série, n’en doutons pas, les 10 instructeurs du club sont très occupés avec leurs 12 élèves !

 

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